Cuba légalise l'achat et la vente de voitures

Javier Galeano / The Associated Press

LA HAVANE, Cuba - Cuba a légalisé la vente et l'acquisition de voitures pour tous les citoyens. Cette mesure, réclamée par l'opinion publique depuis des décennies, constitue un nouveau pas important dans la transformation économique de l'île.

Le gouvernement avait annoncé la mesure en avril mais les ventes avaient été mises en suspens jusqu'à la publication du texte dans la Gazette officielle de mercredi. En vertu de la législation, qui prend effet le 1er octobre, les acheteurs et les vendeurs devront respectivement s'acquitter d'une taxe de 4 pour cent et les acquéreurs devront faire une déclaration sous serment attestant de l'origine légale de l'argent ayant servi à acheter le véhicule.

Les ventes, qui ne faisaient l'objet d'aucune restriction, étaient auparavant limitées aux automobiles sorties d'usines avant la révolution de 1959. De fait, les rues de Cuba sont quasiment le seul endroit de la planète où l'on trouve une multitude de voitures américaines des années 1950, des Chevrolet Bel Air aux Chrysler Imperial, toutes dans divers états de délabrement.

Des médecins, des athlètes, des artistes et d'autres personnes partant à l'étranger pour affaires étaient autorisés à rapporter des voitures ou à acquérir des modèles de fabrication auprès de l'État. Certains salariés pouvaient utiliser des voitures d'entreprise, même si le niveau d'essence était strictement surveillé afin de s'assurer du strict usage du véhicule dans le cadre de leur travail.

La nouvelle loi autorisera la vente de voitures, quels que soient le modèle et l'année de fabrication, ainsi que la possession de plus d'une automobile.

La Gazette officielle précise aussi que les Cubains qui décideront de quitter l'île pour de bon pourront remettre leur véhicule à un proche ou le vendre. Auparavant, l'État pouvait saisir les automobiles de ceux qui émigraient.

Depuis des années, les voitures font l'objet d'un marché noir en plein essor. Bien que les Cubains se plaignent des restrictions relatives aux ventes d'automobiles, on ignore combien seront en mesure de tirer profit de la nouvelle législation. La plupart gagnent seulement 20 dollars par mois, même si les versements envoyés par des proches vivant à l'étranger jouent un rôle de plus en plus important dans le budget d'un foyer.

Le président cubain Raul Castro a engagé une série de réformes destinées à sauver l'île de la ruine économique. Cuba a légalisé certaines entreprises privées et autorisé ses citoyens à louer des chambres et à embaucher des employés.

Le gouvernement a aussi annoncé son intention de légaliser la vente et l'achat de biens immobiliers d'ici la fin 2011.