Le Renaissance Center à Detroit, Michigan.

C’est le 1er juin à midi que le Président américain Barack Obama a rendu officielle la faillite du premier constructeur américain, General Motors. « Je suis confiant que GM émergera de cette crise plus fort qu’auparavant », a-t-il affirmé.

Il a aussi tenu à remercier tous les gens qui ont du accepter un sacrifice dernièrement (les employés, les retraités, les actionnaires, les créanciers et tous les autres). Enfin, il a réitéré le fait que les garanties de GM seraient maintenues par le gouvernement durant cette période charnière. L'allocution du Président a été brève, ce dernier se contentant de confirmer la rumeur qui n'en était plus une déjà en ce matin sombre du mois de juin.

Fritz Henderson confirme

Fritz Henderson

Fritz Henderson

Suivant le discours de Barack Obama, le président Fritz Henderson a aussi confirmé la restructuration de GM. « Nous devons nous assurer que tous nos futurs produits soient de classe mondiale » a déclaré M.Henderson. Selon ce dernier, c'est le début d'un nouveau et meilleur chapitre pour le constructeur. Même si ce n'est pas la première fois de l'histoire récente de GM que les dirigeants promettent une compagnie plus compétitive et moins endettée, Henderson a dit que cette fois-ci était la bonne. Enfin, il a tenu à rassurer les employés de GM à l'extérieur du territoire américain. Toutes les opérations de GM en dehors des États-Unis sont maintenues et ne seront pas affectées par cette mise en faillite.

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La restructuration commence

Cadillac CTS Sport Wagon 2010

Cadillac CTS Sport Wagon 2010

L'entreprise centenaire a déposé sa requête de protection devant un tribunal du district sud new-yorkais en matinée. Un peu comme Chrysler, GM débute un processus de restructuration massif qui devrait prendre entre 60 et 90 jours. Le « GM nouveau » devrait renaître au plus tard le 7 septembre prochain, juste à temps pour la Fête du Travail. Cette renaissance du no.2 mondial a pour but de conserver les actifs les plus rentables de la compagnie et de dissoudre ceux qui traînent de la patte. Rappelons que Saturn, Hummer, Saab et Opel ne figuraient plus dans les plans de GM depuis un bon bout de temps, tandis que Pontiac va tout simplement disparaître d'ici 2010. Du côté de la division allemande de GM, Opel, une entente de dernière minute a finalement eu lieu le 29 mai en soirée pour extraire la division allemande du géant américain avant que ce dernier ne débute sa restructuration monstre.

Chronologie historique de General Motors

Le gouvernement majoritaire

Chevrolet Volt 2011

Chevrolet Volt 2011

GM devient la plus grosse entreprise américaine et la troisième faillite américaine en importance de l'histoire à se placer sous la protection du Chapitre 11, la Loi de protection sous la faillite. Le constructeur doit profiter de cette période pour rebondir et revenir plus forte. Comme il l'avait fait avec Chrysler il y a un mois, le gouvernement de Washington prend possession d'une partie du constructeur forcé à la faillite. L'administration d'Obama obtient 60% de GM et va injecter 30,1 milliards de dollars américains supplémentaires pour assurer la survie du plus important constructeur du continent. À ce jour, GM a déjà reçu au-dessus de 19 milliards en prêts depuis le début de la crise. De leurs côtés, le gouvernement canadien et celui de l'Ontario ajoutent, quant à eux, 9,5 milliards de plus au crédit de GM. Les instances politiques canadiennes obtiennent 12% des parts de la compagnie. Le Syndicat des Travailleurs américains de l'automobile (UAW) a pu obtenir 17,5% des actions de GM, tandis que les créanciers détenteurs d'obligations non garanties qui ont souscrit au plan de restructuration reçoivent, de leur côté, le 10% restant. Enfin, les propriétaires d'actions de GM perdront leurs mises actuelles.

Les répercussions

Le géant de l'automobile américaine va devoir procéder à 21000 mises à pied additionnelles aux États-Unis. De plus, 11 usines seront fermées, tandis que 3 autres seront mises au chômage technique. Rappelons que, dans les années 50, General Motors a déjà employé au-dessus de 500000 employés, un chiffre lointain de la réalité actuelle. Avec cette cure d'amaigrissement, les parts de marché de GM risquent aussi de laisser la place aux poursuivants du no.2 que sont Honda, Ford, Nissan, Hyundai pour ne nommer que ceux-là. De plus, à cause de la chute de la valeur du prix des actions en bourse, GM sera retiré de la liste du S&P 500 et du Dow Jones. Enfin, de part et d'autres de la frontière canado-américaine, 42% des concessionnaires vont être fermés petit à petit.

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