Dans le jargon interlope, un « getaway car » est une voiture qui sert aux bandits à fuir une scène de crime, généralement après un vol de banque. On demande à ce type de véhicule d'être assez rapide et performant pour semer la police, d'être très spacieux pour loger une équipe de braqueurs et leur butin et, finalement, d'être aussi anonyme que possible, ce qui empêchera les témoins de pouvoir identifier trop précisément le véhicule des fuyards. Bien que, désormais, les voleurs préfèrent commettre leurs larcins par Internet, cela n'a pas empêché Lexus de créer le parfait getaway car avec sa nouvelle ES350 2013. De plus, les criminels écoresponsables, soucieux de leur empreinte écologique autant que de leurs empreintes digitales, ont maintenant la possibilité d'opter pour la ES300h à motorisation hybride.

Contrairement à ses rivales allemandes dans le créneau des berlines de luxe, Lexus propose une gamme assez confuse qui tente de rallier des clientèles très diverses (de la petite CT200h au gigantesque LS570). Ainsi, ce constructeur chasse sur les terres de BMW avec ses berlines de performance IS et sa GS tout en proposant des modèles plus conservateurs tels les ES350 et ES300h dont il est question ici. Cette duplicité n'est pas sans nuire à la perception de la marque Lexus car, bien souvent, lorsqu'on tente de plaire à tout le monde... Pourtant, et malgré sa discrétion, il faut croire que la ES trouve un auditoire puisque, à elle seule, elle représente 25% de ventes de Lexus au Canada. Et, gageons qu'il ne s'agit pas seulement de voleurs de banque!!

Une berline tranquille

Lexus ES 2013(Photo : Toyota)

Pour sa sixième incarnation, la ES change du tout au tout et partage maintenant sa plateforme avec la Toyota Avalon. Par le passé, les ES étaient basées sur la plateforme de la Camry. Cette évolution permet surtout d'offrir des places arrière plus généreuses grâce à un empattement plus long (5cm). Par ailleurs, on ne se surprendra pas qu'avec des cousines comme la Camry et l'Avalon, la Lexus ES affiche un tempérament de plutôt placide, et une personnalité plus flegmatique que flamboyante.

En effet, personne ne reviendra exalté ou électrisé par un essai routier de la Lexus ES. Avec sa direction à assistance électrique et sa suspension un peu molle, la voiture privilégie nettement le confort. Seul son tempérament sous-vireur, typique d'une traction de ce gabarit, vous donnera un peu de sensations de la route qui, pour le reste, sont efficacement filtrées par une insonorisation impeccable. Ce comportement un peu nonchalant cache bien les compétences réelles de la voiture qui, lorsqu'on la pousse un peu, répond avec beaucoup d'aplomb.

Naturellement, on n'est jamais seul au volant, car un régiment de copilotes cybernétiques se charge de rectifier les bourdes que l'humain trop imparfait que vous êtes pourrait commettre: avertissement de circulation transversale arrière, moniteur d'angle mort, avertissement de sortie de voie, contrôle des phares intelligent, et contrôles de la traction et du freinage sous toutes ses formes et en toutes situations, sont parmi les aides à la conduite qui sont de rigueur dans ce type de voitures truffées d'électronique.

Deux motorisation

Lexus ES 2013(Photo : Toyota)

La Lexus ES350 est motorisée par un V6 de 3,5 litres qui développe 268ch et un couple maximal de 248 lb-pi. Ce moteur onctueux est jumelé à une boite automatique à six rapports pilotée électroniquement et munie d'un levier séquentiel. La ES300h, pour sa part, est propulsée par un nouveau moteur Lexus de 2,5 litres à quatre cylindres en ligne à cycle Atkinson avec système de calage variable intelligent (VVT-i). L'hybride troque les engrenages pour des poulies en optant pour une transmission de type CVT. On gagne en efficacité, mais on perd un peu en agrément de conduite. C'est le prix à payer pour conduire une grande berline cossue qui boit moins d'essence qu'une sous-compacte! Et c'est parce que ce groupe développe une puissance combinée équivalente à celle d'un moteur conventionnel de 3L (200ch) que la voiture hérite de la dénomination 300h et non pas 250h. Comme dans l'ES350, la réponse de puissance et les économies de carburant peuvent être modulées en choisissant les modes Eco, Normal ou Sport, mais l'ES300h possède en plus un mode EV qui lui permet de franchir presque 2km à basse vitesse seulement grâce à la propulsion électrique.

Douce évolution

Lexus ES 2013(Photo : Toyota)

Côté carrosserie, l'évolution est tellement discrète que l'on pourrait penser qu'il s'agit d'un simple restylage, mais il n'en est rien : totalement remodelée pour 2013, l'ES arbore fièrement la nouvelle image de la marque avec cette calandre en double trapèze en forme de sablier exclusive à Lexus (en faisant abstraction du fait que les designers d'Infiniti ont eu exactement la même « bonne idée » cette année...). Avec cette calandre intimidante et son profil dynamique caractérisé par une ceinture de caisse assez haute, l'ES possède une prestance statutaire certaine qui dissimule habilement sa taille. C'est seulement lorsqu'on la regarde de trois quarts à l'avant que se trahissent ses proportions massives de traction avant, et l'important porte-à-faux qu'impose l'architecture à moteur transversal héritée de l'Avalon.

Chez Lexus, on nous affirme que cette nouvelle ES est « audacieuse, expressive et émotionnelle » (sic). Mais, si l'on demande aux concepteurs de la voiture de mieux définir l'expression ou l'émotion devant être transmise par leur création, disons que la réponse est assez évasive... Restons-en là, voulez-vous! Quant à l'audace, ne la cherchez pas dans la palette de couleurs offertes, tout ce qu'il y a de plus convenu dans ce segment. Et comme toute voiture de luxe qui se respecte de nos jours, les phares de la Lexus ES intègrent une guirlande de diodes servant de feux de jour. Quelques touches cosmétiques permettent de distinguer l'ES300h de sa sœur plus puissante: des roues et un ailerons spécifiques, notamment, ainsi que la disparition des embouts d'échappement chromés, un détail qui est presque tabou sur une voiture hybride. Par ailleurs, il faut noter l'aérodynamisme particulièrement soigné de la voiture. Aucun effort n'aura été épargné tant pour abaisser la consommation de carburant que pour obtenir un silence de roulement qui soit une référence de l'industrie, comme en témoignent le traitement des rétroviseurs extérieurs et le profilage soigneux du dessous de caisse.