Une hybride pour tous

Seattle, Washington - Nous connaissons bien le concept de la voiture hybride. Toyota a présenté sa première esquisse il y a plus de douze ans. Au commencement, acheter une Prius consistait à poser un geste pour satisfaire la conscience écologique de certains, mais en apparence seulement. En effet, le jeu n'en valait pas la chandelle : des centaines de milliers de kilomètres devaient être parcourus pour rentabiliser son achat. En 2012, la voiture à motorisation hybride devient de plus en plus pertinente, même si son efficacité est encore décevante. De fait, les moteurs diesel sont souvent aussi efficaces sinon davantage, surtout en hiver. En revanche, comme nous vivons en Amérique du Nord et que les constructeurs sont assujettis aux normes américaines, l'hybridité est devenue, au fil des ans, un concept à la mode.

Toyota est le constructeur le plus prolifique dans ce domaine. Plusieurs modèles sont munis d'un bloc thermique jumelé à un moteur électrique. Du reste, la famille de la Prius compte maintenant trois membres, bientôt quatre. En effet, la Prius V a fait son entrée en scène il y a quelques mois et voici maintenant la Prius C. Nous verrons enfin l'arrivée de la Prius en version rechargeable d'ici peu de temps. La dernière venue, la Prius C, est la seule édifiée sur une autre plateforme, soit celle de la Yaris. Les ingénieurs ont imaginé une voiture hybride plus petite, plus légère, plus équilibrée et mieux adaptée à une conduite urbaine. Parce que le C signifie "city". Pour les dirigeants de Toyota, le pari est gros : offrir une voiture hybride abordable, conviviale, jeune et amusante. Nous pouvons affirmer, à priori, que le pari a été gagné. En revanche, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

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Yaris en forme de Prius, ou l'inverse...

Toyota Prius C 2012(Photo : Francis Brière)

Difficile de ne pas reconnaitre le faciès de la Prius C que l'on associe d'emblée à la famille Prius. En revanche, ses lignes s'apparentent en partie à celles de la Yaris de laquelle elle partage la plateforme. En revanche, les phares sont plus discrets, la silhouette plus profilée et la voiture semble mieux campée au sol, ce qui annonce une tenue de route plus sure. L'arrière de la Prius C nous informe qu'il ne s'agit pas d'une Yaris, en particulier avec ses phares en position verticale. Pour une voiture aux prétentions de frugalité appréciable, l'aérodynamisme revêt une grande importance. De fait, le coefficient de traînée de la Prius C est de 0,28.

À l'intérieur, les concepteurs proposent une planche de bord discrète et dont la largeur accentue l'impression d'espace. L'affichage numérique est encore disposé au centre, tandis que l'instrumentation pour divertissement et climatisation a été dessinée en forme diagonale. L'ergonomie des sièges a été optimisé afin d'offrir un confort adéquat tout en réduisant l'épaisseur de la bourre. De fait, les passagers ressentent la dureté des matériaux, mais sans souffrir d'inconfort. Afin de réduire les coûts de production, des matériaux de qualité moyenne ont servi à l'élaboration de l'habitacle. La dureté des plastiques témoigne de ce souci d'économie. Selon les dirigeants de Toyota, la Prius C se positionne dans un marché de voitures sous-compactes de luxe, mais le choix des matériaux qui composent l'intérieur de la voiture, tout comme l'insonorisation, ne donne pas cette impression. En définitive, il s'agit d'une petite voiture comme les autres que l'on a équipée de quelques dispositifs électroniques, dont la connectivité Bluetooth, la climatisation automatique et système à commandes vocales.

Tout pour économiser

Toyota Prius C 2012(Photo : Toyota)

L'idée d'édifier une petite voiture frugale à motorisation hybride ou même fonctionnant uniquement à l'électricité n'est pas nouvelle. En revanche, proposer un tel produit pour environ 20 000$ constitue une nouveauté en soi. Pour y parvenir, les ingénieurs ont usé d'astuces. Dans un premier temps, il fallait modifier un moteur existant, en optimiser le rendement et le jumeler à une composante électrique. La raison est simple : les coûts de développement d'un nouveau bloc sont faramineux. Pour les ingénieurs, il ne fallait pas y penser bien longtemps : le 4-cylindres de 1,5 litre faisait l'affaire. Quelques modifications étaient à prévoir, notamment la conversion au cycle Atkinson (une astuce qui consiste à modifier le calage des soupapes pour réduire la consommation de carburant). Il en résulte, en revanche, une perte en couple...que le moteur électrique vient éventuellement compenser. D'autres modifications ont été apportées pour certains composants du moteur : pompe à eau, collecteur d'échappement, courroie, etc. En revanche, il en résulte de ces changements un moteur produisant une puissance timide de 73 chevaux et 82 lb-pi de couple. La puissance combinée des blocs thermiques et électriques est de 99 chevaux.

D'autres pièces ont également subi les affres d'une compression budgétaire. Les freins à tambour à l'arrière, selon les ingénieurs, suffisent amplement à la tâche. Aussi, on a opté pour une poutre de torsion rigide pour assurer la suspension à l'arrière de la voiture. Malgré ces choix discutables, la Prius C n'en souffre pas trop, mais les coûts d'entretien pourraient éventuellement grimper.

Jeune et amusante

Toyota Prius C 2012(Photo : Francis Brière)

Nous avons été surpris de prendre le volant d'une voiture hybride qui ne soit ni ennuyeuse, ni détestable. La Prius C, contrairement à la Yaris, procure une certaine satisfaction et offre une tenue de route appréciable. Évidemment, son gabarit en fait une citadine maniable et peu encombrante. Vous ne battrez aucun record de vitesse, mais ses 99 chevaux suffisent pour s'amuser un peu et assurent une consommation de carburant raisonnable. De fait, il s'agit là du nerf de la guerre, sans vouloir abuser des clichés. Cette voiture se doit de présenter des données de consommation intéressantes pour séduire les acheteurs. On annonce des chiffres évidemment trop optimistes avec la Prius C, soit une consommation moyenne de 3,7 litres aux 100 kilomètres. De façon plus raisonnable, il faut prévoir entre 4,5 et 5,0 litres aux 100 kilomètres. Chez Toyota, on a prévu un circuit routier qui favorisait grandement l'économie de carburant lors de notre essai et nous avons obtenu 4,5 litres aux 100 kilomètres. Du reste, ce résultat signifie une économie d'environ 3,0 litres aux 100 kilomètres par rapport aux chiffres d'une Toyota Yaris. C'est très bien !