Faut pas confondre!

C'est avec une certaine méfiance que les consommateurs risquent d'accueillir la Verano après des années de « badge engineering » en assimilant la Verano à une Chevrolet Cruze endimanchée. Ce qui serait une franche injustice envers la Buick!

Aaaah... le « badge engineering », cette pratique qui consiste à changer les logos (et deux ou trois détails quand on veut vraiment faire un effort) et essayer de vendre ça comme étant une nouvelle auto. Une pratique dont les consommateurs nord-américains ont été inondés durant près de quatre décennies. Parce que jusqu'aux années 70, une Buick était une Buick et une Chevrolet une Chevrolet. Même si elles partageaient des architectures, elles avaient des lignes, des moteurs et des intérieurs différents. Suffisamment différents en tout cas pour ne pas les confondre. Et puis, deux crises du pétrole plus tard, on avait l'impression que les bureaux d'études avaient remplacé les planches à dessin (c'était avant la conception assistée par ordinateurs) par des photocopieuses. L'habitude s'est enracinée et a, ultimement, entraîné la disparition des marques des Plymouth, Oldsmobile, Pontiac et Mercury. Des marques qui n'étaient plus que des pâles copies d'elles-mêmes et qui n'avaient plus vraiment de justification sur le marché. Les consommateurs avaient enfin ouvert les yeux et avaient tranché.

Buick, d'ailleurs, avait aussi failli partie du voyage vers le paradis des marques disparues. Mais son incroyable succès sur le marché chinois la rendait encore quelque peu pertinente. Et puis sont arrivés des modèles comme la LaCrosse et la Regal et l'on a commencé à se dire que la marque pouvait éventuellement avoir du succès autre part qu'en Floride.

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La même... architecture

Buick Verano 2012(Photo : Buick)

C'est dans ce contexte qu'arrive aujourd'hui la Verano. Alors oui, elle repose sur la même architecture que celle de la Cruze, la Delta II. Bien sûr, elle en reprend aussi plusieurs pièces. Mais la comparaison s'arrête là. Prenez la carrosserie par exemple. Il n'y pratiquement aucun élément en commun. Certes, le style ne remportera pas prix de design mais il faut quand même avouer que les lignes sont élégantes, bien équilibrées et qu'il n'y a aucune faute de goût. On se demande un peu ce que font les « potholes » sur le capot, mais ils sont suffisamment discrets pour ne pas déranger. Les roues de 17 pouces (18 en option) participent à donner une allure plus bourgeoise à l'auto.

Sous le capot, c'est la même histoire. La Verano n'a pas droit aux 1,8 L ou 1,4 L turbo. On retrouve plutôt un 2,4 L à injection directe d'essence développant 180 chevaux. Il est couplé d'office à une boîte automatique à 6 rapports. Suivront plus tard un 2,0 L turbo (environ 220 chevaux) et une boîte manuelle à 6 rapports.

À l'intérieur non plus, impossible de confondre. La planche de bord et les aménagements font plus haut de gamme que dans une Cruze. Des plastiques de belle qualité, des couleurs chaudes combinées à un éclairage bleu discret vous font oublier que l'on est dans une auto de moins de 4,70 mètres. Clairement, les constructeurs américains sont enfin sortis de cette logique (absurde) de luxueux = volumineux.

La liste des équipements dans le modèle de base à 24 685 $ (incluant transport et préparation) comprend 10 coussins gonflables, la climatisation automatique, un système de son à 6 haut-parleurs avec prise USB et commandes au volant, le régulateur de vitesse... Bref, c'est déjà assez complet. Facturé 1370 dollars de plus, le modèle avec groupe commodité promet d'être le plus populaire auprès des acheteurs en ajoutant un écran tactile de 7 pouces, le bluetooth, la climatisation deux zones, le démarreur à distance et la radio satellite. Viennent ensuite le groupe confort (siège conducteur électrique, rétroviseurs chauffants, sonar de recul) et le groupe cuir (déverrouillage sans clé, sièges en cuir chauffants, volant chauffant, roues de 18 pouces et système audio Bose à 9 haut-parleurs). On est alors rendus à 29 710 dollars. On aurait souhaité avoir des sièges chauffants au Canada dès le niveau intermédiaire mais nos amis du sud semblent encore un peu difficiles à convaincre.

Silence!

Buick Verano 2012(Photo : Buick)

Mais là où Buick insiste le plus sur le fait que la Verano est une vraie Buick, c'est au niveau du traitement du bruit. Que ce soit avec un parebrise plus épais, une utilisation intensive de matériaux insonorisants, des portes à triple joint d'étanchéité, une moquette à double densité, l'utilisation d'acier « quiet-steel », un isolation optimisée des composants des trains roulants et on en passe des meilleurs, Buick a mis les petits plats dans les grands pour assurer un habitacle aussi silencieux que possible. Lors de la présentation, les gens de Buick sont même allés jusqu'à affirmer que c'était la Buick la plus silencieuse jamais construite. Après avoir conduit dans les Lucerne et LaCrosse, c'était une affirmation ambitieuse.

Force est de reconnaître que la Verano est un tombeau. On peut rouler sur l'autoroute et profiter de la radio à un niveau sonore très bas. Le moteur est si bien insonorisé qu'il devient difficile de savoir à quelle vitesse on roule sans regarder la planche de bord. Si le silence est un luxe, la Verano est définitivement une voiture de luxe. Surtout à ce niveau de prix!

Mais la Verano n'est pas que silencieuse. Pour vraiment se placer dans un segment « premium », elle se doit d'offrir une expérience de conduite inspirante mais confortable. Ce qu'elle arrive à faire. Un choix de routes sinueuses et pas toujours très lisses a montré que la Verano savait ménager ses occupants tout en engageant son conducteur.

La direction donne un bon toucher de la route tout en s'avérant assez légère en manœuvres. La boîte de vitesse effectue ses changements rapidement et une grande douceur. Le plus gros bémol provient finalement du moteur. S'il accepte de monter dans les tours sans rechigner, on aurait souhaité qu'il délivre un peu plus de couple. La version 2,0 L turbo devrait corriger ça. Cependant, les remises en vitesses ne posent pas de problèmes.

Enfin, malgré le gabarit compact, les places arrière sont assez accueillantes pour des adultes et le coffre de 405 litres offre une belle polyvalence.