Raleigh, Caroline du Nord - Le nom de code ZL1 ne vous dit sans doute rien, puisque ce bolide a été spécialement conçu pour la course de drag et fabriqué à seulement 69 exemplaires. À l'époque, le V8 de 7,0 litres de la Chevrolet Camaro ZL1 1969 produisait « officiellement » pas moins de 430 chevaux ! En fait, dans la réalité, il s'approchait plus des 500 chevaux ! Il s'agissait d'une machine de course, mais seulement quelques unités ont fait carrière sur la piste.

C'est précisément ce modèle qui a inspiré les ingénieurs de General Motors à produire la Camaro la plus rapide et la plus puissante à ce jour. Si la Camaro SS n'impressionne personne en ce qui a trait à la prestation sur route, c'est encore pire en piste. En définitive, on ne pouvait, chez Chevrolet, édifier une version « superformante » de la Camaro en se basant sur les composants mécaniques de la SS. Il fallait donc un moteur digne d'une supercar ou presque, mais également l'attirail nécessaire pour rendre justice à ce bloc hyperpuissant. Vous pouvez nous croire, la Camaro ZL1 n'a rien à voir avec la version SS. Il s'agit en fait d'une voiture différente à tous les égards, qui procure une expérience de conduite hors du commun.

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Chevrolet Camaro ZL-1 2012(Photo : Francis Brière)

Une esthétique revue
Les concepteurs et ingénieurs de Chevrolet ont heureusement fait plus que greffer un « body kit » et un ensemble de jupe à la Camaro, comme l'aurait grossièrement fait le préparateur du coin. La devanture a été soigneusement revue avec de gigantesques prises d'air sous le pare-choc. Le capot fabriqué en aluminium est agrémenté d'une partie en fibre de carbone pour en réduire substantiellement le poids. La forme des ailes a été étudiée et sculptée pour maximiser le passage de l'air vers l'arrière. Ces efforts ont été déployés pour atteindre deux objectifs : optimiser l'aérodynamisme pour coller le plus possible la voiture au sol. Enfin, on distingue la Camaro ZL1 par ses énormes roues de 20 pouces. N'oublions pas que les pneus arrière mesurent 305 millimètres en largeur !

L'habitacle a subi peu de transformations par rapport à la livrée SS. Si vous choisissez l'option spécifique, votre planche de bord sera garnie d'un généreux morceau d'alcantara. Le volant, dont l'ergonomie est bien pensée, hérite également d'un recouvrement de tissu brossé. Les sièges, quant à eux, sont recouverts de cuir, mais ils manquent de soutien, un défaut que l'on constate cruellement lors d'un virage en piste. Pour le reste, l'affichage et les cadrans demeurent pratiquement inchangés. Dommage !

Chevrolet Camaro ZL-1(Photo : Francis Brière)

Un résultat convaincant
Les ingénieurs qui ont travaillé durant plusieurs années sur ce projet ont profité d'un avantage indéniable : l'entrepôt de pièces de Chevrolet regorge de trésors ! Ils n'avaient qu'à se servir, pas vrai ? Avouons que l'exercice s'avère un tantinet plus compliqué. En revanche, comme la Corvette ZR-1 n'est pas bien loin dans le temps et dans l'espace, il suffit de profiter de cette expertise pour créer une chose pratiquement aussi vénérable. Du reste, la pièce maîtresse de la Chevrolet Camaro ZL1 est sans contredit son moteur. Ce fameux V8 LSA (une version moins brutale du LS9) est une merveille. Il s'agit d'un bloc en aluminium de 6,2 litres à compresseur volumétrique produisant une puissance mesurée à 580 chevaux. Le couple faramineux généré par ce moteur est transmis aux roues arrière grâce à une boîte mécanique Tremec TR6060 à six rapports capable d'endurer une très forte poussée.

Pour soutenir une telle puissance, deux éléments importants des composants mécaniques devaient subir des changements notables : les freins et la suspension. Le nom Brembo est aux freins de performance ce que Recaro est aux sièges de course ! Personne ne doute de la qualité de ce produit et les ingénieurs de Chevrolet ont décidé de faire confiance à cette pièce d'équipement pour assurer un freinage puissant. Ils avaient raison, puisque la Camaro ZL1 peut compter sur d'énormes étriers à six pistons à l'avant qui mordent un rotor fabriqué en deux pièces légères. La suspension est contrôlée électroniquement et permet de s'adapter aux capacités et ambitions du conducteur. Le mode sport + est indiqué pour une séance en piste, bien entendu. En ce qui concerne les intrusions électroniques visant à éviter la pire des catastrophes, sachez que six modes s'occupent de contrôler la motricité et le transfert de couple, de un à six, allant du plus au moins intrusif. Ce dernier vous laisse seul avec vous-même, maître de votre destinée.